Un directeur d’études à l’EHESS, Jean-Frédéric Schaub, vice-président d’Alarmer, élu maître de conférences en 1996 et directeur d’études en 2004 à l’EHESS, dont il a été vice-président de 2000 à 2006 sous les présidences de Jacques Revel et de Danièle Hervieu-Léger, où il a fait soutenir dix-sept thèses de doctorat, qui a été professeur visitant à l’université d’Oxford (2006-2008), chercheur associé à l’Université Nouvelle de Lisbonne (2009-2014), Global distinguished professor à New York University (2015-2019). qui enseigne au CPES de PSL depuis 2017, à Sciences Po Paris depuis 2019 et au Collège d’Europe de Bruges depuis 2022, qui a dirigé le LabEx TEPSIS et la plateforme Politika de 2019 à 2025, est l’auteur d’une tribune lamentable, dont le quotidien de droite, « Le Monde » assure une publicité, dont l’indigence argumentative est inversement proportionnelle à la gravité de ses accusations contre la FI et Jean-Luc Mélenchon.
Pour introduire son texte, l’auteur fait référence à la récente publication de la CNCDH, le rapport annuel (2025). Il cite les passages suivants : « L’enquête montre une montée de l’antisémitisme à l’extrême gauche et un certain recul de celui de l’extrême droite. L’adhésion aux vieux stéréotypes (…) a fortement progressé chez les proches de LFI [La France insoumise] (+ 10 points entre 2022 et 2025), tandis que, parallèlement, elle a baissé de 7 points chez les sympathisants du RN [Rassemblement national]. Si bien qu’aujourd’hui, on a une quasi parfaite courbe en U, avec un niveau d’adhésion au “vieil antisémitisme” similaire dans les deux groupes (respectivement 47 % et 48 %) ». Comme il faut bien paraître sérieux, l’auteur évoque en quelques brèves lignes l’histoire de l’antisémitisme à l’époque moderne. Par contre, quand il écrit que » les sympathisants d’extrême droite perçoivent de moins en moins les juifs comme allochtones – venus d’ailleurs. C’est ce qui nourrit le recul de leur antisémitisme. Partout en Europe, l’extrême droite se pose en championne de la réduction des flux migratoires, mais la dimension diasporique de l’histoire des juifs semble être sortie de la grille de lecture xénophobe« , il se contente d’expliquer le recul de l’antisémitisme au sein de l’extrême droite par le fait que « la dimension diasporique de l’histoire des juifs semble être sortie de la grille de lecture xénophobe« , mais pas par la convergence du racisme anti arabe-musulman entre les activistes de l’extreme droite, et une partie de la population juive en France qui, en soutien au régime israélien, au gouvernement de Benjamin Netanyahou, donne aussi dans ce même racisme. Faut-il en donner ici les preuves ?
Pour paraître ne pas ignorer les contributions de l’extreme droite à l’antisémitisme, l’auteur évoque « les dissertations » d’Eric Zemmour, qu’il juge « fausses » et « odieuses ». Evocation en une phrase, immédiatement abandonnée, oubliée.
Le lecteur de la tribune ne peut être que décontenancé par les éléments de ce propos qui semble n’avoir aucun sens précis. Mais l’auteur revient alors à son introduction : « Qu’en est-il du surgissement d’un antisémitisme vieux style, à l’extrême gauche du spectre politique ? ». Si on passe sur la qualification d’extrême gauche du spectre politique, pour y placer la FI (alors qu’il y a une extrême gauche connue de tous, avec, RP, le NPA, LO, etc), l’auteur commence encore son propos de manière étrange par une question-non question : « S’il est une question qui, à mon sens, ne présente aucun intérêt, c’est celle de savoir si Jean-Luc Mélenchon [le fondateur de LFI] est antisémite en son for intérieur« . Pourtant, étant donné les accusations portées, il semblerait que cette question ne soit pas mineure, mais comme l’auteur ne peut connaitre les noumènes (ce qui, selon Emmanuel Kant, échappe à nos perceptions et à nos possibilités de connaissance), il dit qu’il sait qu’il ne sait rien. Mais alors, pourquoi le dire ?! Puisqu’il ne peut connaitre les « noumènes », voilà qu’il va affirmer qu’il y a des « phénomènes » antisémites : des « allusions« , « jeux de mots« , « accusations explicites« . L’accusation, explicite, est forte. On s’attend donc à une argumentation : « La réponse est, sans conteste, positive. Leur accumulation et même leur récidive ont atteint le niveau de ce qu’on appelle le dog whistle ou « sifflet pour chien » : un message codé qui scelle une relation de connivence si forte entre les leaders et leurs sympathisants que des sous-entendus n’ont même plus besoin d’être explicités pour être compris« . Il n’y aura donc pas d’argumentation : on est réduit à devoir accepter l’exégèse des propos de JLM par des « décodeurs ». A l’inverse, nul besoin de disposer d’un code savant pour décoder ces pratiques, à gros sabots, et ces intentions diffamatoires. Après ce tour de passe-passe, l’auteur reconnait, constate, que, de la part de la FI/JLM, » son choix de dénoncer frontalement la politique israélienne est pleinement légitime« , mais le même n’a pas lu, entendu, les critiques envers les actions et les auteurs des événements du 7-Octobre, puisqu’il prétend qu’il y aurait un « refus de tenir les actions du 7-Octobre pour un massacre terroriste« . Outre les noumènes, l’auteur a brusquement aussi des problèmes de perception puisqu’il n’a ni lu ni entendu les propos de la FI/JLM sur ce sujet. Pour expliquer ce qui est alors selon lui cette sévérité justifiée envers le régime israélien et cette mansuétude coupable envers les militants armés du Hamas, l’auteur se contente de répéter la banalité médiatisée, selon laquelle « cette dernière provocation s’inscrit dans la tactique consistant à « tout antagoniser ». » « Antagoniser » : l’auteur paraît ne pas savoir qu’il s’agit là d’un verbe, synonyme, de la situation entre les Palestiniens et les Israéliens, et que, parler ainsi, revient, au contraire, à ne pas vouloir participer de cet antagonisme. Maintenant, de cet « antagonisme », nous comprenons que l’auteur tend à mettre sur un même plan un Etat armé, avec des armes militaires, et des militants armés, qui n’ont ni chars, ni avions, situation qui a rendu possible un génocide, à propos duquel il n’a pas un mot. C’est encore ce même antagonisme, DE FAIT, LE REEL, qui « met en demeure » chacun « de prendre position sur le conflit israélo-palestinien« , et si est mis « en demeure tout juif de prendre position sur le conflit israélo-palestinien« , ce n’est pas la FI et JLM qui en est responsable, mais, outre les faits, le régime israélien, les gouvernements qui le soutiennent, et réciproquement, ceux qui s’opposent à. Pour paraître ne pas regarder les choses uniquement d’un point de vue « juif », l’auteur tient à préciser que « Ce faisant, cette organisation impose aux juifs le même type d’exigence que lorsqu’on demande aux musulmans de condamner des attentats islamistes, de reconnaître l’échec des révolutions des « printemps arabes », de se prononcer sur la confiscation de la démocratie turque par l’AKP [Parti de la justice et du développement], de se désolidariser du massacre des manifestants iraniens en janvier 2026« . Nous n’avons pas entendu ces grandes âmes exprimer une solidarité envers les musulmans en France, après qu’un attentat islamiste ait conduit trop de citoyens à exiger des musulmans de France qu’ils les condamnent, afin de démontrer qu’ils n’étaient pas des soutiens de ceux-ci; sur « l’échec des révolutions des « printemps arabes » », le propos est incompréhensible; sur » la confiscation de la démocratie turque par l’AKP », il est sensé que les musulmans de France n’aient pas en répondre, pas plus qu’il n’est justifié de demander aux Juifs de France de devoir répondre de la confiscation de la démocratie israélienne par Netanyahou et l’extrême droite. Quant à l’évocation du « massacre des manifestants iraniens », il s’agit là d’un propos qui reproduit d’une manière typique ceux de Benjamin Netanyahou et des dirigeants américains. Là encore, heureusement que nul n’exige des Juifs de France qu’ils se désolidarisent des actions militaires israéliennes et américaines envers l’Iran, qui ont tant tué de civils ces derniers mois. Parce que certains sont solidaires de ces crimes de guerre ?
Pour une telle tribune, il apparait difficilement compréhensible qu’un auteur, avec un tel CV, écrive « Alors que la politique de Benyamin Nétanyahou [le premier ministre israélien] mérite les plus fermes condamnations, alors qu’on peut faire grief à des institutions représentatives juives de ne pas s’être assez émancipées dans leur rapport avec Israël pour oser dire son fait au premier ministre, eh bien, ce sont quand même les « vieux stéréotypes »… » Eh bien… : nous pouvons dire que nous pouvions attendre un tout autre niveau pour contribuer à la diffamation publique envers FI et JLM. Si l’auteur fait mine au moins de consentir à ce que « la politique de Benyamin Nétanyahou [le premier ministre israélien] mérite les plus fermes condamnations » (qu’il n’énonce pas lui-même) « alors qu’on peut faire grief à des institutions représentatives juives de ne pas s’être assez émancipées dans leur rapport avec Israël pour oser dire son fait au premier ministre« , il confirme cette diffamation publique par son affirmation sur « les « vieux stéréotypes » du « vieil antisémitisme » qui viennent à la rescousse du langage de séduction de Jean-Luc Mélenchon. Quel mépris pour ceux qu’il entend séduire !« . Et pour conclure, à rebours de TOUS LES PHENOMENES PUBLICS QUI DEMONTRENT QUE LA FI, avec d’autres, affronte sérieusement, radicalement, le RN FN, ses manipulations, ses mensonges, l’auteur conclut cette indigence manifeste par : la » LFI participe de fait à la dédiabolisation du RN. Est-ce si surprenant, quand on sait que dans la perspective de la prise de pouvoir, seul l’affrontement avec le clan Le Pen offre une opportunité de l’emporter ?« . Enfin, LFISTES, il ne faut pas « antagoniser ». COMME SI le REEL n’était pas cet ANTAGONISME MEME qui différencie les courageux, les engagés, les combattants, de tous les simulateurs de.